مسرحية: "كـولــــــــو" “Goullou…!”, aveux de femmes


مسرحية: "كـولــــــــو" “Goullou…!”, aveux de femmes

Par : Hajar Dehhani / Femmes du Maroc

“Goullou…!”, traduisez “Dis-lui…!”, est un texte magnifique de Driss Ksikes, joué pour la première fois le 19 mars dernier, mettant en scène les maux de la femme marocaine. Sur les planches, six comédiennes racontent l’innommable. Une confession poignante qui jaillit, saccadée, des profondeurs d’une mémoire qui s’en va puis revient. Ces femmes, amnésiques et en quête de leur identité, sont en fait constamment en prise avec des images de leur passé. Au fil des scènes, les souvenirs se délient, et les langues aussi. Des bouts de mémoire émergent, les submergeant presque. Avec leur balai, ces six âmes en peine dépoussièrent leur passé qui leur échappe par instants, avant de leur être restitué, douloureusement. Se souvenir qu’à 12 ans, son jeune corps est sauvagement violé par le beau-père, se souvenir que dans l’hôtel où elle travaillait comme femme de ménage, son patron n’hésitait pas à la tripoter… Se souvenir, encore et encore. Les mots et les maux sont lâchés, en darija, langue maternelle. Les sujets sont graves, et contrairement à l’idée qu’on se fait de la darija, ils sont dits sobrement. Rien de vulgaire, ni de choquant. Au contraire, cette langue nous rapproche encore plus du vécu de ces femmes. Driss Ksikes a relevé haut la main le défi de “trouver les équivalences de la langue mi-poétique mi-métaphorique du texte dans la darija”. Et que ceux qui ne maîtrisent pas cette langue se rassurent, ils peuvent très bien suivre la pièce puisque celle-ci est surtitrée en français dans son intégralité.
“DANS CETTE PIÈCE, IL N’Y A PAS QUE LA PAROLE. LE SILENCE ET LES CORPS ONT LA MÊME VALEUR.”

Mais dans cette pièce, il n’y a pas que la parole. Le silence et les corps ont la même valeur. “Des corps courbés, droits, déambulant, gros, anorexiques, affaissés, traînant, pesants… qui racontent une histoire commune”, confie Imane Zerouali, metteur en scène de la pièce. Les éclairages jouent aussi un rôle important. La mise en scène est d’ailleurs résolument moderne et d’une extrême sobriété.
La scène est noire, avec un labyrinthe blanc débouchant sur un trou… de mémoire, forcément.

“Goullou…!” a été écrit initialement en français, en 1998, par Driss Ksikes. Ce monologue, alors intitulé “Pas de mémoire… Mémoire de pas”, est joué à l’époque par l’actrice Imane Zerouali. “Douze ans plus tard, la même Imane Zerouali émet le souhait de monter la même pièce avec plusieurs femmes sur scène”, nous confie Driss Ksikes, qui a adapté son texte en darija. La pièce est portée par les comédiennes Nadia Benayad, Ghizlane Benjamâa, Jamila El Haouni, Iman Reghaye, Jalila Talemsi et Meryem Zaimi.

بدعم من القسم الثقافي للسفارة الأمريكية بالرباط وشراكة مع مسرح محمد الخامس واحتفالا باليوم الوطني للمسرح، تقدم الفرقة المغربية المحترفة آر أكاديمي عرضها المسرحي المتميز "كولو" يوم السبت 19 ماي الجاري على الساعة السادسة مساء بالمركز الثقافي بوجدة (أمام إعدادية باستور سابقا).
المسرحية بعنوان"گـولو..!" اقتباسا عن النص الأصلي Pas de mémoire … mémoire de pas، لإدريس كسيكس، ومن إخراج إيمان زروالي وتشخيص كل من جليلة تلامسي، جميلة الهوني، نادية بنعياد، غزلان بن جامع، مريم الزعيمي وإيمان الرغاي.
تدور المسرحية حول ست نساء يبحثن عن ذاكرتهن داخل فضاء مغلق في محاولة لاستجلاء آلامهن من خلال الصور التي تقتحم ذاكرتهن. ذاكرة مفقودة أو مثقلة؟ صور تفر لتصف الماضي وترفض التواصل مع الحاضر إلا بالصوت المستعار واللهجة الساخرة.
ست نساء يلامسن أنوثتهن، يحملن الفرح، مثقلات بيأس دفين، يقدمن للجمهور تجربة فضاءٍ مسرحيٍّ جديد."
مسرحية "گولو..!" هي تساؤل لسبر غور ذاكرة المرأة، وسعيها للكشف عن تناقضات البيئة التي تحيط بها وصراعها من أجل حرية مصادرة في أغلب الأحيان