A chaque pays suffit sa peine :


A chaque pays suffit sa peine :
Echo d’un nadorien d’ailleurs qui osa nager dans l’eau : Dr Mohamed El Battiui


Par Bouziane Moussaoui

« Si un contemplatif se jette à l'eau, il n'essaiera pas de nager, il essaiera d'abord de comprendre l'eau. Et il se noiera. » (Henri Michaux)
Ce n’est pas le cas de notre Docteur en sciences économiques et de gestion Mohamed El Battiui qui avait soutenu avec brio sa thèse de Doctorat en Belgique, qu’il publia récemment chez l’Harmattan sous le titre de :

« La gestion de l’eau au Moyen Orient ».

Selon lui, « Sur les 6,67 milliards d’habitants actuels de la planète (PNUD 2007), 26% n’accèdent pas à une eau de qualité suffisante, et 50% ne disposent pas d’un système adéquat d’assainissement (PNUD 2006). Résultat : chaque jour 20000 personnes, des enfants surtout, meurent de maladies liées à l’eau, l’équivalent d’ un Nagasaki ou d’un Hiroshima tous les trois jours… » (Extrait de sin Introduction générale).
Question : Pourquoi le choix du sujet du livre (la thèse) est porté sur le Moyen Orient ?

Pour M. El Battiui (dans l’introduction du chapitre 1), « … le manque d’eau n’est pas un problème spécifiquement proche-oriental, mais que c’est dans cette région que le problème est le plus dangereux. Ce danger est lié au fait que les pays de la zone possèdent des vastes réserves financières, un large éventail d’armement, une force aérienne, des missiles… et dans certains cas, la capacité nucléaire. Ils ont aussi une tradition historique qui les prédispose à régler les disputes par des moyens militaires… »

Le livre « La gestion de Moyen Orient » (270 pages) développe le projet d’étude en chapitres :
1- L’eau instrument de paix ou de guère au Moyen Orient ?
2- Le bassin nilotique vers une coopération régionale.
3- Le bassin de Jourdain entre guère et paix.
4- Les eaux du Tigre et de l’Euphrate entre mauvaise répartition et instrumentalisation d’une ressource.
5- Les options techniques et politiques pour une gestion efficace de l’eau au Moyen Orient.

En guise de conclusion, et tout à la fin du livre, M. El Battiui propose :
« Les résultats de notre recherche et de notre thèse plaident en faveur du développement d’un centre transdisciplinaire de recherche sur la prévention et la gestion des conflits autour de l’eau… »
C’est un livre à lire.
Pour clore cette chronique consacrée spécialement à un ami d’enfance, je n’ai pas trouvé mieux que d’insérer une citation très significative d’Arthur Schnitzler :

« Il y a trois sortes d'hommes politiques : ceux qui troublent l'eau ; ceux qui pêchent en eau trouble ; et ceux, plus doués, qui troublent l'eau pour pêcher en eau trouble. »

A chaque pays suffit sa peine :