Chronique de la semaine : Enseignement : Après le Bac, 25% régional ; 75% national :


La bêtise est officielle !

Chronique de la semaine : Enseignement : Après le Bac,  25% régional ; 75% national :
Par BOUZIANE MOUSSAOUI


Le Grand Aristote disait :
« L’information exposée dans les circonstances les plus choquantes
est celle dont le public se souviendra le plus longtemps. »,
amèrement, je dirais.
C’est bien une sagesse exprimant une ironie en filigrane, que
notre Ministre de l’enseignement supérieur, pourtant un homme sage,
n’a peut-être pas appris à l’école de la politique.
Le choix du moment de sa sortie médiatique spectaculaire et
contestable vendredi 25 mars 2016 pour annoncer sa décision de ne
compter que les 25% de l’examen régional Premier Bac et les 75% de
l’Examen National du Bac pour accéder aux grandes écoles, fut
vraiment déplacée (le verbe est utilisé par euphémisme).
L’Administration pédagogique, le corps des inspecteurs, les
consultants à l’orientation pédagogique et nous autres enseignants
avons l’habitude de ne nous fier qu’aux textes émis sous formes
de Dahir, d’ Edits, de Circulaires, de Notes et autres Documents
officiels. Les points de presse n’engagent pour ainsi dire que leurs
émetteurs…
Le ministre de l’Education Nationale et de la Formation
Professionnelle ne s’est toujours pas prononcé officiellement et
par voie hiérarchique sur le sujet (sauf omission de ma part), car
comme disait le fameux Coluche :
«La différence qu'il y a entre les oiseaux et les hommes
politiques, c'est que de temps en temps les oiseaux s'arrêtent de
voler ! »

Et au moment où les jeunes marocains, les étudiants en particuliers,
attendent lire une lueur d’espoir dans les discours des politiciens
qui tiennent les rênes de l’Exécutif, notre Monsieur le Ministre
de l’Enseignement Supérieur et de la Formation des Cadres nous fait
sortir sa potion magique discriminatoire pour les élèves incapables
de réussir leurs examens certificatifs avec brio, omettant le fait
qu’
« On ne conduit le peuple qu'en lui montrant un avenir : un chef est
un marchand d'espérance. », comme disait
Napoléon Bonaparte.
Monsieur le Ministre a décidé sans préavis (du moins publiquement)
d’effacer les notes des contrôles continus des relevés des notes
des bacheliers postulant l’admission aux grandes écoles et à
certaines filières de l’Enseignement Supérieur. Une décision
politique, c’en est une, mais anti pédagogique, à notre avis,
puisqu’elle remet en cause une composante fondamentale de
l’Evaluation : l’Evaluation formative ou formatrice. Celle-ci est
une sorte de feuille de route qui pour l’enseignant, qui pour les
parents, qui pour l’élève lui-même car « elle (l'évaluation
formative) a pour fonction d’améliorer l’apprentissage en cours
en détectant les difficultés de l’apprenant (diagnostic) afin de
lui venir en aide (remediation), en modifiant la situation
d’apprentissage ou le rythme de cette progression, pour apporter
(s’il y a lieu) des améliorations ou des correctifs appropriés.
Elle fait partie intégrante de l’instruction pour informer et
guider les enseignants de telle sorte qu’ils prennent de bonnes
décisions… ».
Mieux encore, cette Evaluation permet à l’administration
pédagogique d’évaluer l’évolution des comportements des
apprenants de point de vue discipline et assiduité.
En favorisant l’Evaluation quasi sommative, au nom du « principe
de l’égalité des chances » (mon œil !), les enseignants du
Public comme du Privé se sentent comme montrés du doigt, comme non
assez objectifs quant à évaluer l’année scolaire, durant, leurs
propres élèves ; et c’est là où le bas qui continue à
blesser Monsieur le Ministre. Les enseignants n’ont rien à se
reprocher car comme disait le Sage Confucius :
« Lorsque l'on se cogne la tête contre un pot et que cela sonne
creux, ça n'est pas forcément le pot qui est vide. ».

Voyons en quoi consiste cette Evaluation sommative préférée par
notre Ministère de l’Enseignement Supérieur :
Il s’agit tout court d’ une « évaluation dont la fonction est
de certifier que les apprenants maîtrisent les objectifs définis par
le système, et qui débouche sur une décision d'acceptation ou de
refus dans un niveau supérieur, ou sur une décision de classement.
L’évaluation certificative peut prendre deux grandes formes :
l’une est liée à la notion d’examen, de l’ordre du bilan :
l’évaluateur doit, au terme d’un apprentissage, certifier la
maîtrise des connaissances et/ou des compétences en vue de prendre
la décision de réussite ou d’échec et, éventuellement, la
décision relative à un classement des apprenants sur la base de leur
niveau de performance; l’autre est liée à la notion de concours,
de l’ordre de la sélection : à la jonction de deux cycles
d’apprentissage (l’un entièrement terminé, l’autre susceptible
de s’ouvrir), l’évaluateur peut avoir à sélectionner un certain
nombre de personnes pour une nouvelle filière de formation.
Une évaluation certificative vise avant tout à déterminer les
acquis de l’apprenant tant d’un point de vue qualitatif que
quantitatif. Autrement dit, l’objet premier d’une évaluation
certificative est ce qu’il réussit. Elle a une fonction
administrative et sociale, au contraire de l'évaluation formative qui
a une fonction pédagogique. »
Cependant, même si l’on épouse, décision du Ministre oblige,
cette « potion » de ne compter que les 25% du Régional et que les
75% du National, pourront nous garantir vraiment l’égalité des
chances entre élèves ?
Nous savons tous que nous souffrons toujours du fléau de la fraude
durant les examens certificatifs et que face book et similaires nous
jouent bien des tours.
Nous savons aussi que quand les élèves ne sont pas récompensés par
des notes, ils ne font pas leurs devoirs scolaires et ne tiennent
même pas leurs cahiers à jour…
Nous rappelons dans le même contexte que certains élèves ne se
montrent disciplinés que pour obtenir leur bonne note
d’assiduité.
Pis encore, que va-t-on faire Monsieur le Ministre des élèves,
pourtant bacheliers, qui n’obtiennent pas les moyennes requises pour
être admis par les grandes écoles et filières de leur choix.
Et pour vous dire Monsieur le Ministre, certains de mes élèves qui
sont toujours polis parce qu’ils croient toujours à la note de la
bonne discipline me font remémorer le grand Roland Barthes qui
écrivait :
“La politesse est plus généreuse que la franchise, car elle
signifie qu’on croit à l’intelligence de l’autre.”
Alors, je vous prie Monsieur le Ministre de bien vouloir prouver à
mes élèves que vos choix sont crédibles pour qu’ils puissent
continuer à me faire confiance, ou à la rigueur à être polis avec
moi sachant que ma note ne leur servira à rien…





1.أرسلت من قبل kamal في 03/04/2016 07:28
Je ne suis du domaine , mais vue l'ancien système années 70 -80 . Ce fut une réussite
Peut être pas même mentalité ni même éducation , ni même programme d'ailleurs.


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الجمعة 13 أبريل 2018 - 16:28 بعيدا عن السياسة