ZENGA N° 10, « Cour des miracles »


ZENGA N° 10, « Cour des miracles »
méditerranée .......A chaque pays suffit sa peine


BOUZIANE MOUSSAOUI


« ZENGA N° 10 » n’est pas le titre d’une pièce de théâtre, même si tous les éléments d’une scène tragi-comique sont disponibles.
Cette rue n° 10, devenue impasse depuis la floraison d’un printemps déguisé en arabe à Sidi Bouzid, s’est quasiment métamorphosée en emblème d’une anarchie toute crachée : on ne reconnaît plus le rond point du célèbre Souk d’Ouled Mimoun…, ni notre chemin vers le 2° arrondissement urbain sis à côté.
Les acteurs de cette scène qui ne ressemblent que de loin aux misérables vendeurs ambulants habituels, sont de pauvres chômeurs venus de par tout et de nulle part et choisirent de s’engager dans les rangs des charretiers … Comme pour une quête de la citoyenneté au bout de l’errance.
Et à force de sillonner la ville Zenga –Zenga, ils décidèrent de faire reposer leurs montures (ânes et mules) pour pousser leur anarchie à l’extrême en occupant, si nécessaire armes blanches à l’appui, la ZENGA n° 10 pour vendre tout ce qui peut se vendre sur les trottoirs et en pleine rue, en criant « touche pas à mon tapis ! ».
Et si « un anarchiste est un homme qui traverse scrupuleusement entre les clous, parce qu'il a horreur de discuter avec les agents », comme chantait Brassens, et si le vagabond considère que sa route s'arrête là où intervient l'autorité, nos « FARRACHAS » de la Zenga n° 10 ont finalement décidé de ne plus avoir peur des agents d’autorité, ils ont eu le ras le bol de continuer à « travailler » dans la clandestinité. Et ce, au détriment des contribuables (les marchands d’à côté) qui, eux, paient les impôts.

Un bon nombre de ces « Farrachas », du moins ceux qui débarquèrent récemment en ville, vécurent dans l’enfer des SDF avant d’être accueillis tant bien que mal dans les cours de miracles… «C’est une escale nécessaire, font-ils entendre, avant de rejoindre l’autre rive au nord de la méditerranée ».
Ici, « La Cour des miracles » est un titre emprunté au roman Notre Dame de Paris où
V. Hugo écrivait :
« Depuis plusieurs siècles, Paris et ses environs étaient infestés d’une foule de vagabonds et de pauvres. La plupart, gens sans aveu, mendiants de profession, tenaient leurs quartiers généraux dans les cours des miracles. On nommait ainsi leurs repaires parce qu’en y entrant ils déposaient le costume de leur rôle. Les aveugles voyaient clair, les paralytiques recouvraient l’usage de leurs membres, les boiteux étaient redressés. (…) Immense vestiaire, en un mot, où s’habillaient et se déshabillaient à cette époque tous les acteurs de cette comédie éternelle que le vol, la prostitution et le meurtre… ».
Il ne s’agit certainement pas de la même époque (le 19° s), mais la ressemblance est tellement flagrante au point d’échapper aux contraintes de l’anachronisme, au point de nous donner l’impression que le fléau se propage à travers les siècles comme une épidémie chronique et endémique.
A Nador, il n’existe pas vraiment une place, dite « cour des miracles », pour nos SDF il existe plutôt des « poubelles miracles » : le SDF s’y plonge comme pour faire tourner la roue du hasard, et, bingo ! Du linge, des restes de nourriture, etc. qu’il mange ou expose à la vente dans ZENGA 10.

La ZENGA n° 10 et la Cour des miracles ne sont aucunement une spécificité propre à Nador, le phénomène s’est propagé tout au long et au large de notre territoire national…le mot d’ordre est le même ; une menace : Si tu me chasses ou touches, j’incarnerais mon « idole » tunisien EL BOU3ZIZI. On a comme l’impression de relire le fameux Cervantès qui écrivait :

« Vieux foin est difficile à enflammer, plus difficile à éteindre. »

Les dés sont joués, et c’est au nouveau gouvernement d’après le 25 novembre à qui il incombe de rétablir le statut quo dans les différentes ZENGAS du pays grâce à des mesures rationnelles et pragmatiques garantissant un gagne pain honnête et durable.



في نفس الركن
< >

الخميس 3 ماي 2018 - 14:39 إبليس عليها جالس

الجمعة 13 أبريل 2018 - 16:28 بعيدا عن السياسة